Good or not ? J’ai testé la parka Canada Goose…

canada goose doudoune
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Canada Goose…

En ce moment, c’est une marque qui polarise beaucoup.

Aussi adulée que détestée, vous avez dû en voir un peu partout, au grand dam de ses nombreux détracteurs, qui pensent qu’en France, Canada Goose est le nouveau Moncler, dans le mauvais sens du terme.

Mais de l’autre côté de la barrière, nombreux sont les fans qui, pour rien au monde, ne passeraient un hiver sans leur vêtement Canada Goose (et dont je pense faire partie depuis peu).

Important : j’habite à Montréal depuis fin août, j’ai donc porté ma Canada Goose dans des conditions variées (de presque -20° avec du vent, jusqu’à +8° quand je suis rentré trois semaines en France), je pense donc avoir un regard assez lucide et large sur la qualité du produit.

Alors, en tant qu’amoureux de la mode masculine, de belles étoffes et de beaux fittings : qu’est-ce que je pense d’une grosse parka ?

Mais avant que je vous fasse mon retour, j’aimerais un peu m’attarder sur l’image de marque de Canada Goose, qui est vraiment ambiguë…

Hate it or love it – 50 Cents feat. The Game

Allons-y franchement, les Québécois ont la même image de marque de Canada Goose qu’un Français et les sacs Vuitton, à savoir :

  • « c’est cher pour ce que c’est »,
  • « c’est un truc pour étrangers fortunés »,
  • « c’est stupide de dépenser autant alors qu’on peut trouver aussi bien pour moins cher »,
  • « ça sert à rien« ,
  • « c’est ultra cliché » (un Français qui s’achète une Canada Goose à Montréal, c’est un peu comme un Chinois qui s’achète de la bagagerie Vuitton aux Champs).

Pourtant, tout n’est pas vrai : loin de là.

La question des Français qui arrivent à Montréal et qui achètent une Canada Goose

Effectivement, quand on voit le nombre de Français portant une Chiliwack noire (le modèle le moins réussi à de CG selon moi), il est indéniable qu’il y a un effet de mode derrière, souvent qualifié cyniquement de mouton de Panurge.

L’un des modèles les plus vendus. Il ne couvre pas les fesses, vous fait un ventre énorme, mais c’est le moins cher et malheureusement le plus vendu. Que voulez-vous…

Pourtant, ça serait oublier plusieurs choses :

  • une CG se revend très bien d’occasion de retour en France, contrairement à une de North Face (je reviendrai plus tard sur cette marque). Elle ne perd que très peu de valeur entre le prix canadien et le prix en occasion en euro.
  • le taux euro/dollar canadien est avantageux pour nous, c’est un peu comme si vous arriviez dans un pays et que vous vous aperceviez que Hermès coûte 40% moins cher !
  • et enfin, CG a une image de marque très forte, c’est une marque qui fait rêver les gens. C’est quelque chose que je respecte, car vous n’imaginez pas la difficulté pour une marque de construire un imaginaire cohérent et impactant.

Je trouve vraiment dommage que les Québécois dénigrent une marque canadienne aussi exemplaire dans sa stratégie d’implantation, dans la manière dont elle entretient une relation très forte avec sa clientèle, sa vision des vêtements contre le froid, ou encore son dynamisme. Mais ceci est une autre histoire…

La question du prix.

Ah… LE PRIX. Voilà ce que brandissent fièrement les détracteurs de Canada Goose. Pour les plus haters (et croyez-moi il y en a), on est un « pigeon » quand on achète une Canada Goose, car :

  • on ne paye que la marque,
  • c’est trop cher pour ce que c’est.

En fait, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si Canada Goose n’était pas si cher, car même les plus haters sont unanimes sur la qualité des pièces.

Sauf que… Canada Goose n’est pas cher. Oui, parfaitement.

Au regard de la qualité du produit, vous en avez largement pour votre argent. J’ai cherché, et honnêtement, vous ne pouvez pas trouver aussi bien pour moins cher (attention, mes critères ne se résument pas à « il faut juste que ça me tienne chaud », j’y viendrai un peu plus loin).

On me parle souvent de North Face, ce qui me surprend à chaque fois. Car s’il y a bien une marque qui est chère, c’est celle-ci. Honnêtement, payer presque 450 dollars pour une parka 100% synthétique (fourrure et duvet) fabriquée en Chine, pour le coup, c’est TRES cher pour ce que c’est.

Et puis il y a un critère qui n’est jamais pris en compte par les détracteurs : la coupe.

Car force est de constater que vous trouverez difficilement des parkas aussi bien coupées que certains modèles de CG. J’ai bien dit certains modèles, car il y en a qui vous font ressembler à un frigo ambulant :

Modèle Snow Mantra, 1200 dollars canadiens. C’est le modèle le plus chaud, garanti jusqu’à -60°. Il est utilisé par les miniers en Alaska ou ceux qui travaillent dans le pétrole dans des coins glacés. Il y a même une courroie sur l’épaule pour vous sauver en cas d’urgence. Vous ne ressemblez à rien avec ce truc sur le dos, mais au moins vous restez en vie.

Modèle Banff, le plus ajusté de la marque, avec une inspiration militaire assez sympa.
Son seul défaut ? Pas de poches réchauffe-mains : vous avez intérêt à avoir des gants !

Mine de rien, quand on a passé ces 5 dernières années à chercher des vêtements les mieux coupés qu’il soit pour sa silhouette, c’est un argument de poids. Mais je respecte tout à fait que ce n’est pas forcément le cas pour tout le monde. Simplement, dans mon cas, je ne peux pas faire l’impasse là-dessus.

« Oui mais tu payes la marque ! »

Je vais être honnête avec vous, c’est ce que je pensais au début, mais ce n’est pas le cas.

Mais vraiment pas du tout. Par exemple, Quartz Nature qui est une marque québécoise peu connue, a les mêmes prix que Canada Goose. De même, Kanuk, qui est une marque 100% québécoise (l’atelier est juste à côté de chez moi) est encore plus chère que Canada Goose, avec des prix dépassant facilement les 800 dollars !

Parka de la marque Quartz Nature, 620 dollars, une qualité équivalente à Canada Goose, mais une image de marque totalement différente pour les québécois, car la marque fabrique au Québec (francophone). Et même à ce prix là, personne ne s’amuse à dire qu’on ne paye que la marque…

Pourquoi de tels prix ? La fourrure que vous voyez sur les capuches est chère. Pour information, Kanuk vend des fourrures de capuches interchangeables entre 200 et 300 dollars. Et puis il n’y a pas de secrets : pour une pièce qui n’est pas fabriquée en Chine, avec un duvet et des finitions de grande qualité, on atteint très vite les 500/600 dollars, voire plus. C’est la vraie valeur des choses.

Rien que cette bande de fourrure de la marque Kanuk (LA marque québécoise de manteau par excellence, mais qui coûte une fortune et s’adresse à un public un peu âgé) coûte… 270 dollars !

C’est une grande parenthèse que je viens de faire là, mais elle me semblait nécessaire, car Canada Goose est à mon sens une marque injustement stigmatisée.

Bon et alors, dans les faits, porter une parka Canada Goose au quotidien, c’est comment ?

Inutile de faire durer le suspense : dans des conditions d’hiver montréalais, c’est fabuleux.

Je ne suis pas surpris que la marque soit en dotation dans certains corps gouvernementaux, car on sent que sa conception est le fruit d’une sacrée expérience du froid.

Sur la mienne, il y a pleins de détails supers bien pensés. Cela va du fil de fer autour de la capuche à la fermeture épaisse et robuste (détail parfois absent sur les North Face, bonjour la galère quand vous avez des gants) en passant par deux paires de poches pour les mains entièrement doublées en polaire et sans oublier le protège-menton en molleton à poils longs…

Et ça tient vraiment chaud ?

Complètement. C’est comme si vous ne sentiez plus du tout le froid. Même la petite fraîcheur du matin, ou celle quand vous attendez le bus, ou quand vous rentrez de soirée à pied en hiver, vous n’avez jamais froid. Je ne me souviens pas d’une fois où j’ai pu avoir froid cet hiver.

La protection contre le vent est exceptionnelle. Un week-end, j’étais au carnaval de Québec, c’est-à-dire pendant 6 heures dehors avec une température qui frôlait les -20 °, mais avec du vent (j’ai aucune idée de combien ça fait en température ressentie, mais ajoutez au moins -10°) et force est de constater que vous êtes protégé à la perfection contre le vent. Même par -20°. Même le long de la fermeture éclair est protégé, ce qui fait que le vent n’arrive jamais à entrer dans votre parka.

En plus, la capuche est super bien foutue, et même si vous ne la mettez pas sur votre tête, elle protège les oreilles. Mine de rien, c’est vraiment super cette capuche qui protège parfaitement votre tête du vent par très grand froid, elle est très efficace.

Par contre, ce ne sont pas des vêtements pour une activité sportive soutenue. Si vous faites du ski de fond à -15° et qu’il y a du vent, vous allez sans aucun doute transpirer. A la base, les vêtements Canada Goose ont été pensés pour des positions de travail immobiles ou semi-immobiles (ce qui explique pourquoi les videurs adorent cette marque). Les alpinistes de l’extrême se tournent plutôt vers des marques type PHD, aux caractéristiques techniques assez ahurissantes. Chez la marque Wiggy’s, certaines parkas sont carrément anti-feu…

Et la coupe, ça donne quoi ?

Bon, on est bien d’accord, une parka reste une parka.

On reste quand même à des années-lumière d’une coupe chirgugicale d’un manteau Wooyoungmi. Mais pour en avoir essayé plusieurs, Canada Goose est l’une des rares marques de parkas à soigner ses coupes sur certains modèles. Ainsi, j’ai été surpris de voir que les épaules des modèles Banff, Chateau, Ontario et Citadel (les modèles les plus « ajustés », tout étant relatif) ont été travaillées et sont relativement hautes. Bien choisie à votre taille, l’épaule ne « bave » pas, c’est propre et net.

Enfin, et j’ai été surpris, toujours sur les modèles les plus urbains, le S est un « vrai S ». De même, Canada Goose fait même du XS, c’est bon à savoir.

Par exemple :

Là, sur le modèle Expedition, ça fait pas très envie.

Vous voyez ici que la taille est plus resserrée sur ce modèle plus élancé, les manches plus fittées, mais on reste bien loin d’un cintrage habituel (modèle Banff).

Mais par rapport à North Face, c’est comment ?

Evidemment, les North Face protègent aussi du froid.

Mais pour en avoir essayé une et marché avec par -12°, c’est quand même un cran en dessous de Canada Goose, surtout pour un frileux comme moi. Et certains geeks de vêtements polaires ont fait le même constat bien avant moi.

La capuche protège beaucoup moins bien votre tête quand elle n’est pas portée, le froid passe par les manches et les fermetures, bref, c’est moins abouti que Canada Goose.

Mais ça suffit vraiment pour se protéger contre le froid ?

Non. Sortir alors qu’il fait -15° sans chaussures adaptées, sans gants et sans bonnet (et sans porter la capuche) vous exposera au froid. Vous ne pouvez pas faire l’impasse sur des bonnes chaussures avec des bonnes chaussettes, des gants, une écharpe et une chapka digne de ce nom.

Car vous aurez beau porter une Canada Goose, vous n’aurez pas froid au torse, mais le froid sera au contact de votre tête, vos pieds et vos mains.

Mais ça te dérange pas de porter un vêtement un peu large alors que tu as passé ton temps à convaincre les gens de porter des vêtements à leur taille ?

Honnêtement, quand vous avez à marcher une vingtaine de minutes dans le froid, ou à faire un festival d’électro en plein air pendant 4h à -15° (Igloofest), vous vous en foutez complètement de ce genre de problématique, et vous bénissez Canada Goose d’avoir fait des vêtements aussi fiables.

Et puis sortir par des températures pareilles avec un simple manteau en laine et cachemire est stupide, ridicule, voire même dangereux. Est-ce qu’il vaut mieux passer son hiver à grelotter et à avoir une silhouette parfaitement dessinée ou avoir le luxe d’être parfaitement au chaud avec une coupe un peu plus floue parmi tout le monde qui porte des parkas ? Mon choix a été vite fait.

Il ne s’agit plus de parler de silhouette admirablement bien mise en avant, ou de mélange en laine et cachemire, mais à de telles températures, c’est votre santé qui en jeu. J’exagère à peine, mais se contenter d’être au chaud est une chose, être stylé en est une autre.

C’est Baptiste, mon coloc aka « le co-fondateur de BonneGueule, homme de l’ombre que vous ne voyez jamais », qui faisait la réflexion que le style de quelqu’un n’a de sens que dans un contexte. C’est parfaitement vrai au milieu de températures très négatives où porter une parka prend tout son sens, contrairement à un environnement urbain parisien.

Et les alternatives à Canada Goose ?

Il y en a deux.

La première est Mackage : ce sont des parkas clairement urbaines, très fittées, bien ajustées, bien finies, mais qui font un peu trop précieuses je trouve. D’autant plus qu’elles respirent moins la solidité qu’une Canada Goose, le tissu avait l’air bien fin. Mais c’est le genre de pièce que je conseillerais à quelqu’un qui ne veut faire aucune concession sur la coupe de ses vêtements.

La deuxième est la Rolls des parkas, il s’agit de la marque Nobis. Le design est bien plus travaillé qu’une Canada Goose, les tissus plus urbains et plus intéressants, mais ça coûte plus cher que Canada Goose. Je ne me souviens pas d’avoir vu des parkas à moins de 800 dollars chez eux. Mais si vous avez le budget, foncez, c’est vraiment de la came incroyable.

Une Nobis très jolie, avec une double boutonnière, chose rarissime sur ce type de vêtement, que je n’aurais pas boutonnée jusqu’en haut.

Une inspiration tailleur très présente chez Nobis avec ce dos coupé comme une veste.

Woolrich Woolen Mills aussi fait des choses très sympathiques, dans le même ordre de prix :

Et porter une Canada Goose à Paris, tu en penses quoi ?

Alors là : c’est ridicule. Non seulement vous allez avoir trop chaud tout le temps, et en plus c’est une marque qui malheureusement est mal connotée (faites simplement un tour à la sortie d’un lycée parisien : une bel exemple de moutonisme), en plus du prix français très onéreux par rapport au prix canadien.

De plus, d’un point de vue strictement design, une parka Canada Goose n’aura jamais le charme vintage d’une parka de créateur, comme l’impressionnante parka  Bleu de Paname.

Bleu de Paname : Du vintage bien interprété.

Je vous assure que ce genre de gadget, contrairement à son apparence, est TRES utile.

Vraiment, acheter une Canada Goose pour la porter à Paris est clairement une connerie, ça va être pénible à porter au quotidien, et vous allez passer pour un mec du 16ème en manque d’exotisme.

Les grosses collaborations de Canada Goose…

Canada Goose est une marque qui a su entretenir sa hype à travers des collaborations bien placées. Voici la première, avec la marque du rappeur Drake, October Very Own’s :

C’est vraiment une pièce qui a une présence très imposante, avec cette énorme capuche. Je vous l’accorde, c’est un design difficile à apprécier quand on a l’habitude de manteaux coupés au scalpel. (modèle Canada Goose x October’s Very Own)

Il y a eu ensuite une pièce plus sportive, dédiée au sportif Lance Mackey, qui fait du chien de traîneau :

Ce modèle se distingue par cette immense capuche en coyote, et les stickers un peu partout des sponsors. Si jamais il vous prend l’envie de parcourir le Grand Nord en traîneau… A noter qu’il y a des aérations assez pratiques sous les aisselles.

Egalement une superbe collaboration avec Loro Piana, mais malheureusement hors de prix :

Pour l’avoir vue en vrai, l’effet flanelle de laine est très réussi et la coupe est hyper soignée, cf ces épaules très hautes.

Vous voyez ? Elle s’intègre facilement pour peu que vous ne portiez pas votre chemise à carreaux comme un hipster.

Et enfin, et à mon grand désarroi, ce qui devait arriver arriva, Canada Goose a fait une collaboration avec … Colette :

Non, je ne cautionne pas, mais alors pas du tout.

Bon, tu le finis ton article ?

Voilà in fine mon ressenti sur cette marque fabuleuse, dont je ne peux que vous conseiller l’achat si vous allez dans un pays avec des hivers très rigoureux. Je sais que c’est un budget, mais je vous assure que vous aurez le top en matière d’isolation, de conception, et de qualité de duvet.

Attention cependant ! C’est un vêtement qui devient addictif au fil des ports. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il est indispensable en cas de grand froid (=10 jours dans l’année dans une ville de France).

Je comprends bien que vous devez être surpris que BonneGueule prenne la défense d’une marque qui est très connotée « 16ème » en France, j’en suis conscient.

Mais retenez que c’est une marque qui fabrique des vêtements terriblement efficaces. Ils tiennent amplement leur promesse de vous garder au chaud.

Et c’est déjà beaucoup.

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A propos Benoît Wojtenka

J’ai fondé BonneGueule.fr en 2007. Depuis, j’aide les hommes à construire leur style. Mes préférences couvrent un large éventail de marques et de budgets. Quant à mon travail, il porte essentiellement sur la perception de la mode par les hommes. Et bien évidemment, je suis un inconditionnel du Ricard.

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  • Benoit – BonneGueule

    Non, j’ai pas testé Point Zéro.